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La relation entre le collectionneur et une jeune galerie

Le 21 janvier 2016 par A la une

Lieu d’échanges entre artistes, collectionneurs et amateurs d’art, Art Up propose aussi des conférences thématiques. Quelle est la relation entre le collectionneur et le jeune galeriste ? On en parle avec Michel Poitevin, fondateur et directeur de Creed, une entreprise lilloise d’études de marché, Isabelle de Maison Rouge, historienne de l’art et Vincent Sator, directeur de la Galerie Sator à Paris.

maxime dufour photographies_2718Comment devient-on galeriste ? Vincent Sator se destinait plutôt à l’institution, allant même jusqu’à passer les concours pour être conservateur de patrimoine. Le hasard de la vie en a décidé autrement. A l’occasion d’une rencontre avec Marc Blondeau, courtier genevois de renom, il découvre le marché de l’art contemporain. Rapidement lui vient l’envie de favoriser la rencontre entre artistes et collectionneurs. En 2011, Vincent Sator ouvre sa galerie dans le quartier du Marais, à Paris. Il fait le choix de soutenir de jeunes artistes émergents : « J’ai la chance de travailler avec des artistes que j’adore et de partager leur travail au quotidien. La relation humaine que l’on peut avoir avec un collectionneur comme avec un artiste me passionne. J’aime cette idée d’être en quelque sorte un passeur, un rôle dont je rêvais quand je me voyais conservateur de musée. ».

Quel est le rôle d’une galerie ? « A quoi sert une galerie, si ce n’est pour doubler le prix de vente d’une œuvre ? », se demande Michel Poitevin, un rien provocateur. « Au quotidien, l’enjeu est différent, tempère Vincent Sator. La galerie a tout d’abord un rôle de promotion. Il ne s’agit pas seulement d’accrocher des œuvres au mur et d’attendre que le chaland passe. Il s’agit de faire vivre et de promouvoir le travail de l’artiste, de le rendre visible. L’artiste attend de la galerie qu’elle l’accompagne, qu’elle le comprenne, qu’elle le fasse avancer. Et les collectionneurs attendent de la part d’un galeriste qu’il joue un rôle d’expertise, de conseil, de reconnaissance et de confiance ».

Comment favoriser la rencontre entre un artiste et un collectionneur ? « Au fond, peu importe les moyens financiers de chacun. C’est la passion d’un visiteur pour une œuvre d’art, pour une pièce, pour le travail d’un artiste qui va primer. A nous, galeristes, de créer un équilibre entre l’artiste et les collectionneurs, une sorte de Trinité sacrée », confie le jeune galeriste parisien. Il existe en effet mille façons de collectionner : « J’ai fait le choix de soutenir et d’accompagner des artistes très abordables, car je défends avant tout une passion pour une œuvre, dans une dimension mécénale qui permette à l’artiste de continuer à avancer ».

Comment créer son réseau de collectionneurs ? Pour bien travailler, un galeriste doit se constituer son propre réseau. Les foires sont un lieu essentiel mais pas seulement. « Au quotidien, la communication est primordiale pour faire connaître une galerie et la développer. Nous privilégions également les rencontres, à l’occasion de vernissages ou de dîners. Et bien sûr, notre présence sur les foires, comme ici Art Up, car elles concentrent en un seul lieu tous les acteurs du marché et sont indéniablement des accélérateurs de rencontres ».

Comment mettre en confiance un collectionneur ? Dans sa galerie parisienne, Vincent Sator accorde un soin tout particulier à l’accueil du collectionneur. « J’ai à cœur d’accueillir tout le monde. Tout visiteur qui passe la porte de la galerie est accueilli comme il se doit. Nous lui proposons, s’il le souhaite, des clés de compréhension sur le travail de l’artiste, pour ensuite pouvoir le guider vers des œuvres auxquelles il n’aurait pas naturellement accès. On revient à cette notion de passeur. C’est notamment essentiel quand on présente un artiste émergent. Prendre par la main un visiteur fait partie de notre travail et permet de favoriser la rencontre avec le travail de l’artiste ».

Comment décomplexer les gens face à la dimension financière d’une œuvre ? Aujourd’hui, il n’est pas rare que les galeries proposent des facilités de paiement. « Certains des artistes que j’expose proposent des pièces superbes, fortes et puissantes à partir de 20 euros. Le choix est donc très large et permet de rendre l’acquisition possible. Dès lors qu’un visiteur a un coup de foudre pour une œuvre, il doit oser aller jusqu’au bout de sa démarche. La dimension financière fait partie de l’échange. Chacun doit se sentir libre de discuter des conditions d’achat d’une œuvre pour laquelle il ressent une émotion forte », conclut Vincent Sator.

Découvrez la vidéo de la conférence Art Up : « Le collectionneur et sa relation avec une jeune galerie ».

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