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Le collectionneur et la maison de ventes

Le 22 décembre 2015 par A la une

Lieu d’échanges entre artistes, collectionneurs et amateurs d’art, Art Up propose aussi des conférences thématiques. Quelle est la relation entre le collectionneur et la maison de ventes ? On en parle avec Michel Poitevin, fondateur et directeur de Creed, une entreprise lilloise d’études de marché, Isabelle de Maison Rouge, historienne de l’art et Stéphane Corréard, collectionneur et directeur du Département Art Contemporain de la société de ventes aux enchères parisienne Cornette de Saint Cyr.

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Les maisons de ventes, des lieux décomplexés ? Elles le sont assurément aux yeux de Stéphane Corréard. « J’ai découvert l’art dans les ventes aux enchères. A 13 ans, j’accompagnais ma mère à Drouot. C’est là que j’ai ressenti un vrai coup de foudre pour l’art. La première œuvre que j’ai achetée a été une lithographie à 20 francs » se souvient-il. En cela, les salles de ventes sont des lieux décomplexés, où quiconque peut s’offrir une œuvre sans passer par l’intermédiaire de l’artiste ou du galeriste, ce qui peut être très intimidant. A Isabelle de Maison Rouge qui s’interroge sur le succès des maisons de vente, Stéphane Corréard répond : « Les ventes aux enchères ont instauré un modèle économique totalement comparable à celui d’Internet. Les 3/4 des ventes sont réalisées par téléphone ou par Internet par des personnes qui ne nous connaissent pas, qui n’ont jamais poussé la porte de notre maison, et qui parfois peuvent renchérir jusqu’à 100 000 euros sur des oeuvres sans les avoir vues. On peut le déplorer mais c’est la réalité ».

Le succès du second marché. Contrairement aux galeries et ateliers d’artistes, qui proposent des œuvres de premier marché, les maisons de ventes présentent des œuvres de seconde main. « Comme pour les voitures, on peut parler d’un marché de l’occasion », s’amuse Stéphane Corréard. En France, les personnes qui achètent dans les galeries et ateliers sont rarement celles que l’on croise dans les ventes aux enchères, et inversement. « Dans les ventes aux enchères, j’aime constater que la passion pour l’art prend parfois plus de place. On y vient pour l’achat coup de cœur : cette œuvre, on la veut pour chez soi, tout de suite, peu importe que l’on s’y connaisse. J’aime défendre l’idée qu’il n’y a rien à comprendre dans l’art, et les artistes qui m’intéressent le plus sont ceux dont je ne comprends absolument pas le travail », confie Stéphane Corréard, un rien provocateur.

Quelle place pour l’art contemporain ? « A priori, l’art contemporain n’a pas à se retrouver dans les ventes aux enchères, car c’est du second marché. Les œuvres que l’on trouve dans les ventes aux enchères sont soumises à la règle des 5 D : dette, décès, déménagement, divorce, déclaration d’assurance. Néanmoins, à partir des années 70, des commissaires priseurs français ont voulu se spécialiser et se lancer dans les ventes d’art contemporain », résume Stéphane Corréard. Les ventes aux enchères jouissent aujourd’hui d’une position particulière : c’est ici qu’est fixé le seul prix public connu, celui qui circule sur Internet et qui sert de référence. « Le marché étant devenu en partie une bourse de l’art, la cotation y prend de plus en plus de place », poursuit le directeur du Département Art Contemporain de la célèbre maison parisienne Cornette de Saint Cyr.

Et la transparence dans tout cela ? Peut-on vraiment parler d’un système tarifaire transparent, s’interroge un amateur d’art ? Car au fond, comment savoir si l’enchère a réellement eu lieu ou si elle a servi à faire monter la cote d’un artiste ? « Le marché de l’art est totalement dérégulé et permet hélas toute sorte de manipulation, et pas seulement dans les ventes aux enchères. C’est pour cela qu’il se porte si bien ! », rétorque Stéphane Corréard, en rappelant qu’il existe tout de même des règles. « Les galeries ont tendance à voir les salles des ventes comme un ennemi ou un concurrent, or elles auraient plutôt intérêt à investir davantage pour soutenir les cotes de leurs artistes », conseille-t-il. Et Michel Poitevin de conclure en rappelant qu’une vente aux enchères, par son rythme et sa tension, reste un spectacle captivant. Et pas seulement à Paris !

Découvrez la vidéo de la Conférence Art Up : « Le collectionneur et sa relation avec une maison de ventes »

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