
Le 30 avril 2026
Avec le Directeur de la Sécurité de Lille Grand Palais – Zénith de Lille
Discret mais indispensable, il veille en coulisses
À Lille Grand Palais – Zénith de Lille, tout semble parfaitement fluide. Pourtant, derrière chaque événement, une vigilance de tous les instants est à l’œuvre. Dans l’ombre, Hervé Guectier, Directeur Unique de la Sécurité, veille à ce que rien ne soit laissé au hasard. Rencontre avec un professionnel pour qui l’anticipation est une priorité.
Hervé, en quelques mots, qui êtes-vous ?
J’ai 49 ans et je travaille dans la sécurité depuis 1998. J’ai commencé comme maître-chien dans l’armée pendant mon service militaire, puis j’ai réalisé des missions de sauvetage en mer. Ensuite, j’ai évolué dans différentes régions et environnements : sites sensibles, centres commerciaux, événements, fan zones, concerts, etc. C’est un métier que je connais depuis longtemps, avec une vraie diversité d’expériences et zéro routine, et c’est aussi ce qui me plaît ! J’ai à cœur de partager mon expérience tant envers les collaborateurs que par l’accueil de nombreux stagiaires ou par l’organisation de nombreuses visites pour les organisme de formation en SSIAP*.
Être Directeur Unique de la Sécurité à Lille Grand Palais / Zénith de Lille, ça veut dire quoi concrètement ?
C’est un poste très transversal. Je suis responsable de toute la sécurité du site : Lille Grand Palais, le Zénith, et même certains sujets liés au parking. Concrètement, je définis les procédures, je m’assure qu’elles soient bien appliquées, je coordonne les équipes de sécurité et je gère les prestataires avec la société prestaire APEN et son responsable de site Mehdi Maafi. J’ai à cœur de mettre en place un service sécurité sureté global, performant et réactif. Je travaille sur tous les fronts : sécurité incendie, sûreté des biens et des personnes, prévention des risques, accidents du travail, maintenance des installations, etc. Je suis seul à mon poste en interne, donc je pilote tout, mais avec des relais sur le terrain. Mon rôle, c’est d’avoir une vision globale et de faire en sorte que tout fonctionne, en amont comme pendant les événements.
Quels sont les principaux risques à anticiper sur un site comme celui-ci ?
Ils sont très variés, parce que les événements le sont aussi. On peut aussi bien accueillir un concert, un salon professionnel, un meeting politique qu’un événement grand public. Il faut anticiper les risques liés aux foules, à l’alcool, aux comportements, aux installations techniques, mais aussi à des menaces plus sensibles comme les risques terroristes ou les débordements extérieurs. L’objectif est simple : que tout se déroule bien pour tout le monde, visiteurs, exposants, artistes, équipes.
On imagine un métier très encadré, mais y a-t-il une part d’imprévu ?
Tout le temps, et c’est même une partie du métier. On peut être surpris par des situations improbables. Par exemple, lors d’un salon, un exposant avait rapporté un ours polaire géant en peluche. Quelqu’un est parti avec et nous avons passé trois jours à enquêter avant de retrouver sa trace grâce aux caméras. Autre cas : un fauteuil roulant électrique testé sur un stand… et jamais revenu. Ce sont là des situations légères, mais elles illustrent bien une réalité : il faut être attentif à tout.
Y a-t-il des moments où tout se joue vraiment en coulisses ?
Oui, surtout sur des événements sensibles. Par exemple, pour certains concerts ou événements avec des personnalités, on travaille en amont avec les services des renseignements généraux et la police. Je suis leur interlocuteur direct. Je pense notamment à un concert d’Amir : on savait qu’il y avait eu des débordements ailleurs en France. On a donc renforcé la présence policière. Résultat : aucun incident. Ce sont des situations où le travail de préparation fait toute la différence… même si personne ne le voit.
Dans votre métier, qu’est-ce qui est le plus exigeant ?
C’est à la fois la technique et l’humain. La technique, parce que les normes évoluent en permanence, notamment en sécurité incendie. Il faut être à jour, rigoureux, précis. Et l’humain, parce que je travaille avec plusieurs prestataires, des équipes nombreuses, des profils variés. Il faut coordonner, rassurer, cadrer, et parfois gérer des tensions. Mais après 30 ans dans le métier, je sais comment réagir.
Pendant un événement, où se porte votre attention ?
D’abord sur le terrain. Je suis souvent au niveau des contrôles d’accès, puis à l’intérieur une fois l’événement lancé. L’expérience joue énormément : je pense avoir développé une forme d’instinct. Et malgré tout, on peut encore être surpris !
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?
Tout, car c’est un métier complexe, varié, avec beaucoup de contact humain. Il n’y a aucune routine : chaque événement est différent, chaque situation aussi. On apprend en permanence, on s’adapte, on évolue. C’est aussi un métier à responsabilité. En cas de problème grave, celle-ci peut être lourde, y compris au pénal. Mais c’est justement ce qui donne du sens à ce que l’on fait.
Finalement, votre métier consiste à faire en sorte que rien ne se passe…
C’est bien résumé, en effet ! Si tout se déroule bien, c’est qu’on a bien fait notre travail et c’est la meilleure des récompenses.
*Service de Sécurité Incendie et d’Assistance à Personnes


