
Le 23 avril 2026
Bilans carbone : Lille Grand Palais / UNIMEV, mesurer pour mieux agir
À Lille Grand Palais, la réalisation récente de bilans carbone s’inscrit dans une démarche RSE engagée de longue date. Elle se concrétise aujourd’hui avec la production de six bilans carbone, couvrant à la fois les sites, l’activité administrative et plusieurs productions. Un travail mené avec l’UNIMEV, qui accompagne toute la filière événementielle dans la structuration de ses pratiques.
Bilan carbone : un outil devenu stratégique
Longtemps perçu comme un exercice complexe voire contraignant, le bilan carbone s’impose aujourd’hui comme un véritable outil de pilotage pour les acteurs de l’événementiel.
On est passé d’un sujet un peu “gadget” à un outil de performance essentiel, résume Gauthier Renaud, responsable du développement durable à l’UNIMEV.
Depuis plus de dix ans, l’association accompagne ses membres sur les enjeux environnementaux. Mais ces dernières années, le sujet a changé de dimension.
Le vrai tournant, c’est qu’on ne parle plus seulement d’estimation, mais d’analyse de performance. Le bilan carbone devient un outil structurant pour répondre à des contraintes réglementaires, à des attentes clients, notamment dans le cadre d’appels d’offre, mais aussi pour piloter son activité.
Pour accompagner cette transformation, l’UNIMEV a développé un outil dédié : Cléo Carbone. Sa particularité ? Avoir été conçu spécifiquement pour les métiers de l’événementiel.
Il existait déjà des solutions sur le marché, mais elles ne répondaient pas toujours à nos besoins. Il fallait un outil qui parle notre langage, adapté aux réalités des sites et des événements, précise-t-il.
Pour un site comme Lille Grand Palais, cet outil permet de mesurer l’impact carbone à différents niveaux : à l’échelle globale, mais aussi événement par événement. Une approche qui fait directement écho au travail engagé ces derniers mois par les équipes.
Une démarche portée par un conviction
Car ici, la réalisation de ces bilans carbone ne répond pas à une obligation réglementaire, mais à une conviction : celle que la performance environnementale fait désormais partie intégrante de la performance globale du site.
L’objectif n’est pas seulement de mesurer, mais de mieux piloter notre activité et d’accompagner nos clients dans leurs propres enjeux, explique Mélissa Monteiro, directrice RSE et communication interne de Lille Grand Palais.
À l’heure où certains organisateurs sont eux-mêmes soumis à des obligations de reporting, notamment dans le cadre de la directive CSRD, cette démarche permet également de leur fournir des données environnementales fiables et exploitables.
Au-delà du seul calcul, l’intérêt du bilan carbone réside aussi dans sa capacité à éclairer les décisions.
« Le bilan carbone permet de mieux comprendre les ordres de grandeur. On identifie ce qui pèse vraiment : l’énergie, les déplacements, certains choix logistiques, etc.
Et surtout, il permet de passer de l’intuition à l’action.
Beaucoup d’entreprises avaient déjà des idées, comme passer en LED, repenser les transports, adapter l’offre alimentaire. Le bilan carbone permet de confirmer ces intuitions et de prioriser les actions, sur la base de données fiables, assure Gauthier Renaud.
Une autre évolution majeure réside dans la capacité à simuler différents scénarios. Des outils comme Cléo permettent ainsi de comparer plusieurs options d’organisation d’un événement et orienter les choix en conséquence.
Un exercice exigeant mais structurant
Menés en interne grâce à la mobilisation de collaborateurs issus de plusieurs services, les bilans carbone réalisés à Lille Grand Palais ont nécessité un important travail de collecte et de structuration des données. Ce travail a permis d’améliorer la collecte et la consolidation des données, mais aussi d’identifier plus clairement les axes de progrès.
Nous disposons aujourd’hui d’une base solide pour orienter nos actions et structurer notre démarche dans la durée, souligne Mélissa Monteiro.
À terme, cette base doit également permettre de développer des outils à destination des clients, comme une formule de calcul dédiée pour les accompagner dans leur propre trajectoire environnementale.
Au-delà des enjeux propres à chaque structure, la démarche portée par l’UNIMEV s’inscrit dans une dynamique collective. En utilisant un outil commun, les acteurs de l’événementiel contribuent à consolider des données à l’échelle de toute la filière.
« Plus on aura d’utilisateurs, plus on sera capables de produire une vision fiable de notre impact et d’aiguiller les décisions, y compris au niveau des pouvoirs publics, indique Gauthier Renaud.
Une logique de mutualisation qui favorise le partage d’expériences et l’amélioration continue.
L’info en +
Créée en 1925, l’UNIMEV fédère aujourd’hui plus de 430 adhérents – organisateurs, gestionnaires de sites et prestataires – pour une filière qui représente près de 40 000 emplois et plus de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel.


