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À l’International Lille Tattoo Convention, trois « bonnes fées » du Centre Oscar Lambret redessinent l’espoir…  

Du 23 au 25 janvier, l’International Lille Tattoo Convention accueillera des artistes venus du monde entier… et, pour la première fois, une équipe un peu particulière. Sur un stand dédié, trois femmes du Centre Oscar Lambret, le centre de lutte contre le cancer des Hauts-de-France, viendront à la rencontre du public pour parler d’un tatouage qui ne relève ni de la mode ni de l’esthétique pure, mais d’un véritable acte de reconstruction : le tatouage de l’aréole mammaire après une ablation du sein.

Depuis 2021, elles animent avec d’autres professionnels la Maison des bonnes fées, un espace dédié au tatouage aréolo-mamelonnaire intégré au parcours de soins des patientes après une reconstruction mammaire et intégralement pris en charge par l’établissement et ses donateurs. Un lieu pensé comme l’ultime étape d’un long chemin : celle qui permet souvent de se réapproprier son corps et de refermer le chapitre de la maladie.

L’aboutissement du parcours de soins

À l’origine du projet, un constat simple : le tatouage de l’aréole est bien plus qu’un geste technique.

Avant, ces tatouages étaient réalisés dans une salle de pansement. Or le tatouage, c’est la cerise sur le gâteau de la reconstruction mammaire, explique Sophie Coppens, cadre de pôle en médecine ambulatoire. Après une chirurgie, on essaie de remettre le corps au plus près de ce qu’il était. Avec le tatouage 3D, certaines patientes ont vraiment l’impression de retrouver leur féminité ».

Une étape clé de la reconstruction mammaire

Pour le Docteur Claudia Régis, ce tatouage s’inscrit naturellement dans la continuité du geste chirurgical.

On observe une augmentation progressive du taux de reconstruction mammaire. Quand on ne peut pas conserver l’aréole naturelle, le tatouage permet de finaliser la reconstruction, sans contre-indication, avec un rendu très naturel. C’est une étape importante, à la fois médicale et symbolique, assure la chirurgienne.

Certaines patientes choisissent aussi un tatouage plus personnel – un mot, un motif, une phrase – pour marquer autrement la fin de leur parcours de soins. Depuis son ouverture, la Maison des bonnes fées a permis de réaliser plusieurs centaines de tatouages, unilatéraux ou bilatéraux, et de réduire progressivement une liste d’attente initialement très longue.

Un moment fort, humain et symbolique

Au cœur du lieu, Karine Descamps, l’infirmière tatoueuse, accompagne les patientes dans ce moment – d’une durée de deux heures environ -, souvent teinté d’émotion : Je suis infirmière avant tout. On suit parfois ces femmes pendant des mois, voire des années. Terminer avec elles par ce geste, c’est très symbolique : on ferme la porte de la maladie et on ouvre celle d’un nouveau départ.

Formée spécifiquement au tatouage médical, elle travaille avec des pigments naturels des Laboratoires BIOTIC Phocea, minéraux et organiques, et conformes aux normes médicales.

Informer, sensibiliser, rassurer …

En participant pour la première fois au Lille Tattoo Convention, l’équipe souhaite avant tout sensibiliser sur cette possibilité encore trop méconnue.

Beaucoup de femmes ignorent que ce tatouage existe ou qu’il peut être intégré au parcours de soins, souligne Sophie Coppens.

En participant au salon, nous souhaitons informer, rassurer et montrer que ces soins de support font pleinement partie de la reconstruction, ajoute Claudia Régis.

Une démarche en parfaite cohérence avec le partenariat entre le Centre Oscar Lambret et Lille Grand Palais, destiné à mettre en lumière des initiatives porteuses d’espoir, de sens et d’humanité.

En 2025, pour sa 10e édition, Lille Tattoo Convention a rassemblé près de 17 000 visiteurs. Que vous soyez amateurs, néophytes ou simplement curieux, si vous êtes prêts à vivre une expérience immersive et inoubliable, inscrivez-vous ici > billetterie.

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