
Le 16 septembre 2026
À Lille Grand Palais, le développement international passe le relais
Après 25 années consacrées au développement international de Lille Grand Palais, Cécile Hodson s’apprête à prendre sa retraite. Depuis mai dernier, elle transmet progressivement le relais à Mathieu Schneider, qui lui succède à ce poste. Une passation préparée sur plusieurs mois, entre dossiers au long cours, connaissance des réseaux et culture du relationnel. Regards croisés sur leur métier et l’importance de la transmission.
Cécile, Mathieu, vos parcours se sont croisés avant même cette passation de relais. Comment êtes-vous arrivés au développement international de Lille Grand Palais ?
Cécile : Je suis arrivée à Lille Grand Palais fin 2000, directement au développement international. Avant, j’avais travaillé dix ans pour le Comité régional du tourisme Nord-Pas-de-Calais, mais aussi beaucoup voyagé et vécu à l’étranger. J’ai toujours aimé les langues, les rencontres et les autres cultures.
Mathieu : De mon côté, j’ai travaillé pendant une quinzaine d’années pour Les Brasseurs européens, une association européenne des producteurs de bière, comme directeur de projet et chargé d’affaires publiques. C’est d’ailleurs en tant que client de Lille Grand Palais que j’ai rencontré Cécile, puisque j’y ai organisé en 2024 le congrès EBC (European Brewery Convention). Fin 2025, j’avais envie d’un nouveau défi professionnel. J’ai repris contact avec Cécile et, lorsque son poste s’est ouvert dans la perspective de son départ à la retraite, j’ai candidaté.
En quoi consiste le développement international de Lille Grand Palais ?
Cécile : Il s’agit d’aller chercher des événements internationaux susceptibles de venir à Lille : principalement des congrès portés par des sociétés savantes (notamment dans les domaines médical et scientifique), des entreprises internationales ou des PCO, agences spécialisées dans l’organisation de congrès. Lille Grand Palais est également membre depuis plus de 30 ans de l’ICCA (International Congress and Convention Association), qui nous donne accès à une importante base de données d’événements tournants en Europe et dans le monde. Notre travail consiste ensuite à identifier les opportunités, à répondre aux cahiers des charges, à rencontrer les organisateurs, à organiser des visites de site et surtout à entretenir la relation dans le temps. Car il faut être patient : entre le premier contact et la confirmation d’un congrès, dix ans peuvent parfois s’écouler ! Nous travaillons aujourd’hui sur une liste d’environ 80 événements cibles, avec des candidatures qui se projettent déjà jusqu’en 2034.
Mathieu : C’est avant tout un métier de compréhension du client. Nous échangeons avec des personnes venues de cultures et d’univers très différents. Il faut savoir se mettre à leur place et comprendre leur façon de travailler comme leurs attentes.
Cécile, après 25 ans à ce poste, qu’aviez-vous particulièrement à cœur de transmettre à Mathieu ?
Il y a bien sûr toute la partie technique : les process, les outils, les devis, le suivi administratif, et tout cela s’apprend. Le plus difficile à transmettre, c’est l’historique des dossiers et des relations. Dans ce métier, la différence se fait énormément sur l’humain. Face à des destinations comme Barcelone, Bruxelles ou Copenhague, il faut savoir être flexible, écouter, chercher des solutions et travailler en bonne intelligence avec tout l’écosystème local (Hello Lille, les hôteliers, les partenaires, etc.). Le client doit sentir qu’il peut avoir confiance. Et puis il faut être tenace ! Je me souviens par exemple de l’organisation du congrès European Materials Research Society. J’avais une liste d’une trentaine d’événements susceptibles de venir à Lille et j’ai appelé les organisateurs un par un. Le dernier de la liste m’a répondu : « Oui, ça m’intéresse ». Le Palais des Congrès de Strasbourg allait être en travaux et l’événement a finalement été accueilli à Lille plusieurs années de suite. C’est une belle illustration de ce que peut produire un travail engagé très longtemps en amont.
Mathieu, comment avez-vous vécu ces premiers mois de passation ?
J’ai été mis dans le bain immédiatement car de nombreux dossiers étaient en cours en même temps. Mais le fait d’avoir déjà organisé un événement à Lille Grand Palais m’a beaucoup aidé : je connaissais les lieux, une partie des équipes et leur façon de travailler. J’ai aussi été très bien accueilli, au sein de l’équipe commerciale comme par les autres services. Ces trois mois de passation permettent surtout de gagner du temps. Cécile peut me transmettre l’histoire derrière chaque dossier : pourquoi un contact a été pris, où en est la relation, qui sont les interlocuteurs, etc. Dans le développement international, cette mémoire est précieuse. Nous sommes d’ailleurs déjà partis ensemble au salon IMEX de Francfort, l’un des grands rendez-vous professionnels du secteur. L’occasion de rencontrer des PCO, des représentants de sociétés savantes et de commencer à construire les événements de demain.
Finalement, transmettre un poste comme celui-ci, c’est transmettre bien plus qu’une liste de dossiers…
Cécile : Oui, parce que ce métier repose beaucoup sur les relations que l’on construit. J’aime le contact humain, rencontrer des personnes de toutes nationalités, trouver des solutions, chercher le bon angle et rester en lien avec les gens. D’ailleurs, je n’ai jamais vraiment considéré mon travail comme un travail : c’est avant tout une passion.
Mathieu : C’est aussi ce qui m’attire. Le côté multiculturel, la diversité des interlocuteurs, le travail transversal avec toutes les équipes en interne et surtout le fait de construire dans le temps. On peut engager aujourd’hui une relation qui débouchera sur un événement plusieurs années plus tard. Il faut aimer se projeter.
Et justement, comment imaginez-vous la suite du développement international de Lille Grand Palais ?
Mathieu : Nous pouvons nous appuyer sur les succès déjà obtenus et sur une expérience croissante dans l’accueil de grands congrès internationaux. Lille Grand Palais a aussi une vraie force avec la complémentarité de ses espaces : le Zénith, le Palais des Congrès et les halls d’exposition permettent d’imaginer des événements « tout-en-un ». L’objectif est de poursuivre cette dynamique avec l’ensemble des acteurs de la destination, pour continuer à placer Lille sur la carte française, européenne et internationale.
Cécile : Chaque événement accueilli peut en amener un autre. Lorsqu’une agence internationale découvre Lille Grand Palais à l’occasion d’un premier congrès et que tout se passe bien, elle peut ensuite proposer le lieu à d’autres clients. C’est ainsi que le réseau grandit.
La suite ? Après son départ à la retraite fin septembre, Cécile envisage d’abord de « faire un reset » pour prendre le temps de se demander : « Qui suis-je quand je ne travaille pas ? »… « puisqu’au fond j’ai travaillé toute ma vie », ajoute-t-elle. Pour Mathieu, l’aventure internationale ne fait au contraire que commencer. Une page se tourne, une autre s’écrit. Le relais est passé…


